Le 5ème week-end d’exploration du vivant s’est tenu sur la ferme du Grand Laval du 5 au 7 juin. Il a réuni plus de 200 participants, dont environ la moitié de naturalistes, le quart de paysans et le quart de personnes proches d’un des deux domaines.



La visite de la ferme par Sébastien et Elsa était axée « grandes cultures » le samedi matin ; une autre visite dans le verger et les poulaillers a eu lieu le dimanche matin par Elsa. Ce fut l’occasion de parler en détail des cultures de haricots, de pois chiches, de tournesols, de luzerne, du sainfoin, des difficultés inhérentes à celles-ci dans un contexte de dérèglement climatique, du revenu des paysans et de la complexité du métier. Mais aussi d’écouter les nombreux Bruants proyers qui chantaient autour sur les nouveaux poteaux nichoirs installés par Brice et son équipe, et de parler de la nécessité du fractionnement des cultures et des nombreuses bandes enherbées indispensable au report des nichées qui succombent aux premières fauches, jusqu’à ce que l’expérience ne pousse les oiseaux à ne plus choisir que celles-ci pour la reproduction.



Après le repas du midi, préparé (comme celui du dimanche) par Bérangère, ex maraîchère du réseau Fermes Paysannes et Sauvages et désormais traiteure, nous avons présenté deux restitutions d’études sur lesquelles nous reviendrons prochainement, les paysages sonores de différentes fermes de la plaine de Valence et les peuplements de papillons de 23 fermes du réseau. André a également pu présenter un petit bilan de la thématique 2025 du réseau des fermes paysannes et sauvages, qui portait des plantes messicoles et les actions qui ont été menées sur plusieurs fermes du réseau, en lien avec le plan national d’action dédié et le Conservatoire Botanique Alpin. Thomas Bony, paysan boulanger de la ferme des routes, a apporté son témoignage et retour d’expérience instructif.

Pour la première fois, nous expérimentions la tenue d’une pièce de théâtre, en prenant pour scène une remorque. Frédéric Dubonnet a ainsi interprété sa création, « la ferme du bois Fleury », l’histoire de deux frères paysans aux sensibilités très différentes, que l’on suit le long des dernières décennies. Ce spectacle d’1h15 a été suivi d’un échange très libre parmi le public sur l’agriculture, offrant à chacun la possibilité d’apporter des témoignages et points de vue.

Nous proposions également des ateliers d’initiation à la reconnaissance et à l’écologie des Libellules. Pas moins de 5 ateliers sont partis le samedi après-midi, et deux autres le dimanche matin, tant les demandes étaient importantes (maximum de 15 personnes par groupe). Sam et Yoann et l’Opie, Laurène de Réensauvager la Ferme, Camille de l’association Sympetrum et Martin et Anissa de l’association Adalia et Jo des Naturalistes des Terres ont animé les sorties.


Le dîner, constitué de porc et agneaux élevés en bio à quelques kilomètres de là, était préparé par Bernard et son équipe, comme désormais chaque année. Il fut suivi par toutes sortes d’inventaires nocturnes, en particulier sur les papillons de nuit : pas moins de 8 pièges lumineux ont jaloné la ferme par cette nuit plus douce que celle qui précédait. S’il est trop tôt pour faire un bilan, au moins 7 espèces de sphinx ont été observées sur les différents draps (dont le complexe Sphinx du Pin / Sphinx morio qui n’avait encore jamais été vu sur la ferme).



L’une des surprises du week-end a été trouvée par les chiroptérologues, venant compenser la faiblesse des captures (seulement 6 chauves-souris de trois espèces) : un Muscardin dans une haie de la ferme, une espèce que nous n’avions pas revu depuis près de 20 ans et qui avait constitué le thème du stage d’Alicia à l’automne dernier.

Une telle concentration de naturalistes permet nécessairement de nouvelles découvertes inattendues. Et la présence de spécialistes des diptères, des cloportes, des punaises, des ichneumons, des abeilles sauvages, des chilopodes (etc) permettra d’accroître encore davantage le nombre de nos voisins connus.

Et comme chaque année, ce week-end permet bien sûr de nombreuses rencontres humaines, des échanges de savoir, des idées de collaborations, des bouffées d’énergie positive, ainsi qu’une source d’inspiration pour les paysan-nes en devenir qui sont de plus en plus nombreux-ses à venir y participer. Car l’avenir agricole n’est pas celui qui s’est débattu au parlement : il est ici.



